Bilan électrique 12V/24V : dimensionner batterie, panneau, MPPT, DC-DC et onduleur

Calculez votre consommation quotidienne réelle et dimensionnez batterie, panneau solaire, régulateur MPPT, chargeur DC-DC et onduleur à partir de vos appareils.

Le calcul qui manque avant d'acheter quoi que ce soit

Choisir une batterie, un panneau solaire ou un onduleur avant de connaître sa propre consommation revient à deviner. Ce calculateur part de vos appareils réels — puissance et durée d'usage quotidienne — pour en déduire les cinq éléments d'une installation 12V ou 24V : la capacité de batterie utile, la puissance de panneau solaire, le courant du régulateur MPPT, le calibre du chargeur DC-DC et la puissance de l'onduleur.

La formule de base

L'énergie consommée chaque jour, en Wh, est la somme de P × t sur tous les appareils (puissance en watts, durée d'usage en heures). On la convertit en ampères-heures à la tension du système (12 ou 24V), puis on lui applique une marge de sécurité — 20 % est la marge retenue sur le chantier réel qui sert de référence à cet outil (Isaac, cf. Capacité utile d'une batterie 12V).

Un appareil branché en 220V ne consomme pas directement la batterie : il passe par l'onduleur, qui a son propre rendement de conversion (85 à 93 % selon le modèle). Ce que l'appareil affiche sur sa fiche technique n'est donc pas ce que la batterie doit fournir — l'écart se creuse d'autant plus que l'onduleur est petit ou peu chargé.

Une batterie ne rend pas tout ce qu'on lui donne

C'est l'oubli le plus coûteux d'un bilan électrique, et nous l'avons fait jusqu'au 29 juillet 2026.

Le calcul appliquait bien le rendement de l'onduleur et celui du système solaire. Mais il traitait la batterie comme un seau parfait : tout ce que le panneau produit y entre, et tout en ressort. C'est faux.

Victron publie le chiffre : 80 % pour une batterie au plomb, 92 % pour du LiFePO4. Pour ressortir 1 000 Wh d'un parc plomb, il faut y injecter 1 250 Wh.

Conséquence sur le préréglage par défaut de cet outil :

Panneau retenu
Ancien calcul, sans rendement de charge540 W
Calcul corrigé, plomb à 80 %670 W

Le panneau était sous-dimensionné de 24 % pour la technologie que ce même préréglage avait sélectionnée. Le chargeur DC-DC l'était aussi, pour la même raison. Si vous avez utilisé cet outil avant cette date, relancez votre calcul.

Le champ est modifiable, et il vaut la peine de le baisser dans un cas précis. La même fiche Victron prévient qu'une batterie plomb devient « particulièrement inefficace » une fois passé 80 % de charge, avec des rendements qui tombent « à 50 % ou moins » dans un système solaire où la batterie vit entre 70 et 100 % de charge. C'est exactement le régime d'un fourgon.

L'onduleur se choisit en watts, pas en volt-ampères

Un onduleur porte un nom en VA. Vos appareils se comptent en watts. Ce ne sont pas la même grandeur, et l'écart est publié par le fabricant :

Modèle VE.Direct12/25012/37512/50012/80012/120012/1600
Nom commercial250 VA375 VA500 VA800 VA1200 VA1600 VA
Watts en continu à 25 °C200 W300 W400 W650 W1000 W1450 W
Watts en continu à 40 °C175 W260 W350 W560 W850 W1200 W
Pointe au démarrage400 W700 W900 W1500 W2200 W2200 W

Un 12/375 ne tient donc pas une plaque de 300 W : il donne 300 W à 25 °C et 260 W à 40 °C. Or 40 °C dans un placard de fourgon en été, c'est une journée ordinaire. Et au-delà, la datasheet retire encore 1,25 % par degré.

Cet outil choisit désormais l'onduleur sur la ligne « watts à 40 °C ». Pour 300 W, il propose un 500 VA, pas un 375. Il affiche les deux chiffres, pour que vous compariez ce qui est comparable.

Deux autres corrections du même bloc :

  • Il ne propose plus de modèle qui n'existe pas dans votre tension. La gamme 24 V et 48 V s'arrête à 1200 VA — le 1600 est un modèle 12 V uniquement. Recommander « 1600 VA » à un système 24 V, c'était nommer une référence introuvable.
  • Il vous donne la puissance de pointe du modèle retenu. Une plaque à induction, un compresseur ou une pompe appellent plusieurs fois leur puissance nominale à l'allumage. C'est cette colonne-là qui décide si l'appareil démarre.

La capacité de batterie dépend de la technologie choisie

Une capacité nominale ne se consomme jamais en entier. Ce calculateur reste strictement cohérent avec Capacité utile d'une batterie 12V : la profondeur de décharge retenue par défaut est de 50 % pour une batterie au plomb scellé (AGM, gel) et de 85 % pour du LiFePO4 — des ordres de grandeur de chimie à vérifier sur la fiche technique de votre propre batterie, pas des valeurs figées. Le calculateur vous laisse les modifier, et réinitialise la profondeur de décharge à ce défaut chaque fois que vous changez de technologie : conserver une décharge profonde pensée pour du lithium après être repassé en plomb serait silencieusement dangereux pour la batterie.

Un ampère-heure de plomb n'est pas un ampère-heure de lithium

La profondeur de décharge n'est pas la seule différence entre les deux technologies. Les deux capacités ne sont même pas mesurées dans les mêmes conditions.

Victron l'écrit noir sur blanc : la capacité d'une batterie plomb est donnée pour une décharge en 20 heures — le fameux « C20 », soit un courant de 0,05 C. Vidée plus vite, elle rend moins :

Durée de déchargeCapacité réellement disponible (AGM)
20 h100 %
10 h92 %
5 h85 %
3 h78 %
1 h65 %

Et la même fiche ajoute la phrase qui compte pour un fourgon : « la baisse de capacité est encore plus rapide sur une charge à puissance constante, comme un onduleur ».

Une LiFePO4, elle, est déclarée pour un courant de décharge « ≤ 1C » — une décharge complète en une heure. C'est un régime bien plus permissif.

L'outil en tient compte de deux façons :

  • il corrige la capacité à acheter quand l'autonomie visée revient à vider le parc plomb plus vite que 20 h ;
  • il vous dit à quel régime vous êtes quand tous vos appareils allumés en même temps videraient le parc plus vite que sa condition de mesure. C'est le cas dès qu'un onduleur entre en jeu.

Si vous choisissez du LiFePO4 : le froid

Le lithium bat le plomb sur presque tout. Il perd sur un point, et ce point se paie cher.

Charger une LiFePO4 quand il fait froid abîme les cellules définitivement. Le dégât ne se voit pas tout de suite. La batterie fonctionne encore, elle perd juste de la capacité, sans rien signaler.

La fenêtre de charge est plus étroite que celle de décharge. Victron donne, pour ses batteries Lithium Smart :

  • décharge : −20 °C à +50 °C
  • charge : +5 °C à +50 °C

Sous +5 °C, on ne charge pas. Ce n'est pas 0 °C : le fabricant garde une marge.

Deux conséquences pratiques :

  1. Il faut un BMS, et il faut le brancher. Ces batteries ne s'utilisent pas sans. Le BMS Victron coupe la charge quand « la température devient trop haute ou trop basse ». C'est lui qui vous protège du scénario le plus courant en hiver : un panneau solaire qui recharge tout seul, par −5 °C, pendant que le van dort.
  2. La capacité manque à froid. La même fiche annonce 100 Ah à 25 °C, mais 80 Ah à 0 °C et 50 Ah à −20 °C. Un parc dimensionné pour l'été perd un cinquième de sa capacité au premier gel, et la moitié par grand froid.

L'outil affiche cet avertissement dès que vous choisissez le LiFePO4. Pour le reste de la question hiver, voir le pilier hiver.

Le dimensionnement solaire : une fourchette, pas un chiffre flatteur

C'est le point où les calculateurs inventent le plus volontiers un chiffre précis. La production réelle d'un panneau dépend de la région, de la saison et de la météo du jour — une fourchette large, pas une valeur unique. Plutôt que d'enfouir une hypothèse, cet outil expose directement le nombre d'heures d'ensoleillement équivalent (« heures de plein soleil ») comme un champ éditable.

Un toit de fourgon est horizontal. C'est la donnée que les repères tout faits oublient, et elle change tout en hiver. Voici ce que donne PVGIS pour un panneau à plat, avec 14 % de pertes système :

VilleDécembreJuillet
Lille0,69 h5,34 h
Strasbourg0,78 h5,87 h
Paris0,87 h5,71 h
Lyon1,11 h6,49 h
Bordeaux1,27 h6,20 h
Marseille1,69 h7,65 h

Le rapport entre Lille et Marseille en décembre est de 2,4. Aucun chiffre national ne peut représenter les deux.

Le rendement réel du système (températures, angle d'exposition, encrassement, pertes de conversion) est lui aussi éditable, avec un défaut de 86 % — exactement les 14 % de pertes que PVGIS recommande. Attention à ce que ce forfait ne couvre pas : PVGIS précise qu'il exclut la neige, l'encrassement et l'ombrage partiel. Or l'ombrage partiel — un arbre, un lanterneau, une galerie — est la situation normale d'un fourgon, et il suffit qu'une partie du panneau soit à l'ombre pour que la production s'effondre.

Ces chiffres sont des points de départ à ajuster à votre situation réelle, pas des constantes de calcul. Le résultat en dépend directement : mieux vaut le voir clairement que le découvrir a posteriori sur une batterie à plat un matin de novembre.

MPPT, DC-DC, onduleur : des gammes de produits réelles, pas des valeurs inventées

Le courant du régulateur MPPT, le calibre du chargeur DC-DC et le modèle d'onduleur sont pris dans les gammes réellement commercialisées par Victron Energy — le même fabricant que celui câblé sur les dossiers VASP d'Isaac et de Leonard (régulateur BlueSolar/SmartSolar MPPT 100/30, chargeur Orion-Tr Smart 12/12-18A, onduleur Phoenix 12/375, cf. le pilier électricité 12V).

Pour l'onduleur, la sélection se fait sur la puissance continue en watts à 40 °C, et seulement parmi les modèles produits dans votre tension — voir plus haut. Une consommation qui dépasserait la plus grande gamme sourcée ici est signalée par un avertissement plutôt que silencieusement arrondie à un chiffre inventé.

Ce que le résultat prépare directement

La sortie de ce calculateur est une nomenclature structurée — poste par poste, avec la caractéristique dimensionnante de chaque élément — pas un paragraphe à retranscrire à la main. Chaque courant de circuit qu'elle expose (régulateur → batterie, chargeur DC-DC → batterie, tableau à fusibles → appareils, batterie → onduleur) se transmet directement au calculateur de section de câble pour obtenir la section et le fusible de ce circuit précis — le lien est fourni sous chaque résultat, pas seulement mentionné.

Le poids de la batterie retenue, souvent le poste le plus lourd d'un aménagement électrique, se replace ensuite dans le calculateur de répartition des charges : sa position sur l'axe avant-arrière du fourgon compte autant que sa masse.

Sources

  • Schéma électrique — dossier de constitution VASP du Renault Master « Isaac » (RTI-22-13809-31, DREAL Occitanie, accepté le 04/10/2022)
  • Feuille de dimensionnement électrique du chantier Renault Master « Isaac » — relevés internes Le Van Trotter
  • Certificat d'homologation CEE R10 E4*10R05/01*4364*01 — Victron Energy BlueSolar/SmartSolar MPPT 100/30
  • Fiches produit Victron Energy — Orion-Tr Smart DC-DC Charger Isolated (12/12-18A, 12/12-30A), Inverter VE.Direct 250VA-1600VA (lignes « Cont. power at 25°C / 40°C » en watts, « Peak power », et variantes 12/24/48 V réellement produites)
  • Victron Energy, datasheet « 12,8 & 25,6 Volt Lithium-Iron-Phosphate Batteries Smart » — rendement aller-retour (plomb 80 %, LFP 92 %), fenêtre de charge (+5 à +50 °C) contre fenêtre de décharge (−20 à +50 °C), capacité à 25 / 0 / −20 °C, régime nominal ≤ 1C
  • Victron Energy, datasheet « Gel and AGM Batteries », § 6 et tableau 1 — capacité effective en fonction de la durée de décharge (C20 = 100 %, C10 = 92 %, C5 = 85 %, C1 = 65 %)
  • PVGIS v5.3 (PVGIS-SARAH3), Commission européenne / JRC — API v5_3/PVcalc interrogée le 29/07/2026 à 0° d'inclinaison (panneau à plat) et 14 % de pertes système, pour six villes françaises
  • Fiche produit Dometic Coolmatic CRE/CRX — consommation moyenne d'un réfrigérateur à compression
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